
La scène est malheureusement devenue familière, un refrain tragique qui se répète avec une régularité désolante. Les récentes pluies diluviennes ont une fois de plus plongé Kinshasa dans le chaos et le deuil. Inondations ravageuses emportant tout sur leur passage, maisons éventrées comme des châteaux de cartes, routes transformées en rivières infranchissables… La capitale congolaise suffoque sous les eaux, victime de catastrophes que l’on ne peut plus qualifier de simples fatalités naturelles. Elles sont, avant tout, le criant symptôme d’une absence de planification et d’une inaction coupable.

Et pourtant, au milieu de ce désastre, une lueur d’espoir existe, un plan conçu pour conjurer ces drames à répétition : le Schéma d’Orientation Stratégique de l’Agglomération Kinoise (SOSAK). Fruit d’un travail initié sous la direction de la Ville de Kinshasa, avec l’appui essentiel du Ministère de l’Aménagement du Territoire, le SOSAK ambitionne d’offrir une vision cohérente et durable du développement urbain de notre mégalopole. Il trace les lignes d’une croissance maîtrisée, d’une occupation de l’espace réfléchie, capable d’anticiper les risques et de garantir un cadre de vie digne pour tous les Kinois.

Mais aujourd’hui, force est de constater l’amère réalité : ce plan, pourtant vital, reste lettre morte. Il croupit dans les tiroirs de l’administration.
Conséquence directe de cette inertie : les quartiers continuent de s’étendre anarchiquement, les constructions sauvages prolifèrent dans des zones à risque, les ravins s’élargissent dangereusement sous l’effet de l’érosion, et les drames, inéluctablement, se répètent. Combien de vies brisées, combien de familles jetées à la rue faudra-t-il encore pour que l’on prenne enfin la mesure de l’urgence ?

Face à cette situation critique, une autre pièce maîtresse de la solution se présente avec une évidence implacable : la promulgation de la loi sur l’aménagement du territoire. Proposée dès 2021 par le Ministre d’État, Maître GUY LOANDO MBOYO, cette loi représente un cadre juridique essentiel pour enfin organiser l’espace national, encadrer une urbanisation galopante et protéger efficacement les zones particulièrement vulnérables aux aléas climatiques. Elle donnerait à l’État les outils nécessaires pour planifier, réguler et sanctionner les pratiques qui mettent en péril la sécurité et le bien-être des citoyens.
Il est crucial de le rappeler : l’engagement du Ministre d’État Maître GUY LOANDO MBOYO s’inscrit pleinement dans la vision de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, TSHISEKEDI TSHILOMBO, qui a placé la planification et l’aménagement du territoire au cœur des priorités du développement national. Le Ministère joue pleinement son rôle : il conçoit les stratégies, offre son expertise, coordonne les actions.

Les outils sont là, à portée de main. Il ne manque que la volonté collective de les saisir et de les mettre en œuvre avec détermination.
Les pluies dévastatrices du week-end dernier ont sonné une nouvelle fois l’alarme. Elles nous rappellent avec une brutalité insoutenable que nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. L’heure n’est plus aux tergiversations. L’heure est à l’action, à la responsabilité, à la protection de nos concitoyens.
Le SOSAK doit être appliqué sans délai.
La loi sur l’aménagement du territoire doit être promulguée au plus vite.
C’est une urgence vitale pour Kinshasa, pour ses habitants, pour l’avenir de notre capitale. Il est temps que les paroles se transforment en actes concrets avant que la prochaine saison des pluies n’engloutisse encore davantage d’espoirs et de vies.
✍️Mandela LONGA





