
Au cœur de la Province de Tanganyika, où les échos d’un conflit intercommunautaire meurtrier entre les populations Twa et Bantoues résonnent encore, un projet porteur d’espoir prend racine. Grâce au financement de l’UNICEF et à l’encadrement des structures féminines par la division provinciale du Genre, Famille et Enfants, des champs communautaires sont désormais cultivés, non seulement pour nourrir les corps, mais aussi pour faire germer un avenir meilleur.

Ce projet ambitieux va bien au-delà de la simple agriculture. Il s’inscrit dans une démarche holistique visant à renforcer l’engagement et la participation communautaire pour l’éducation et la lutte contre les violences en milieu scolaire.Les bénéficiaires de cette initiative sont les enfants les plus vulnérables, garçons et filles, mais avec une attention particulière portée aux filles. Objectif: soutenir leur relèvement et l’achèvement de leur parcours scolaire afin de prévenir et de combattre activement la violence, l’exploitation, les abus et les mariages d’enfants qui persistent dans la province du Tanganyika.

Kabila Leya a cinquante ans révolus. Membre d’une association féminine, elle entretient chaque matin, un champ des patates et des maïs pour soutenir l’éducation de 250 enfants filles et garçons. D’autres encore, cultivent du manioc pour cette fin.
Plusieurs leaders des femmes sélectionnées pour ce projet ont commencé cette activité génératrice de revenus, en témoigne des plantules qui poussent sur plusieurs sites où des germoires sont soigneusement entretenus.

Dans cette région marquée par la tragédie, où le conflit a laissé de profondes cicatrices, l’UNICEF intervient par le biais de son programme éducation, reconnaissant que l’accès à l’éducation est une arme puissante contre le cycle de la pauvreté et de la violence. Ces champs communautaires cultivés notamment dans la périphérie de Kalemie sont devenus des symboles de résilience, des espaces où les femmes, mères et protectrices, jouent un rôle central. Elles ne sont plus seulement des survivantes, mais des actrices du changement, créant un environnement plus sûr et plus propice à l’épanouissement de leurs enfants.
Chaque graine plantée, chaque récolte partagée, est un pas de plus vers la reconstruction d’un tissu social déchiré. C’est aussi un investissement dans l’avenir de ces jeunes, leur offrant la chance de briser le cycle de la vulnérabilité et de devenir les architectes d’une paix durable. Au Tanganyika, l’éducation est désormais cultivée avec soin, comme les récoltes qui promettent l’abondance, et l’espoir fleurit dans ces champs, rappelant que même après la tempête, la vie trouve toujours son chemin.
✍️Mandela LONGA







