
Alors que le dollar recule face au franc congolais, les prix du transport entre Kipushi et Lubumbashi, eux, ne bougent pas. Sur cette route très fréquentée du Haut-Katanga, les passagers continuent de payer 3 500 FC pour un trajet en Noah ou Wish, 3 000 FC en Hiace et 2 500 FC pour les taxis « Ku Mbuji ».
Une situation qui pèse lourd dans le budget des ménages. Pour un aller-retour dans la même journée, il faut débourser entre 15 000 et 20 000 FC, sans compter les collations ou les imprévus du voyage. Un montant difficilement supportable pour des familles dont les revenus stagnent, malgré les signaux positifs du marché monétaire.
Ce décalage entre la baisse du dollar et la réalité sur le terrain suscite incompréhension et frustration. Faut-il incriminer les transporteurs qui évoquent le coût du carburant et l’état des routes ? Ou pointer un système économique encore trop vulnérable pour absorber les variations du change ?
Pour de nombreux observateurs, la situation rappelle une évidence : la stabilité macroéconomique n’a de sens que si elle se traduit dans le panier de la ménagère. À Kipushi comme à Lubumbashi, les voyageurs attendent encore que les promesses de la reprise économique se reflètent sur le prix du ticket. Le véritable défi reste donc que la croissance devienne enfin palpable… jusque dans les taxis.
✍Pierre KABWE





