
Félix Tshisekedi continue de réussir ses coups diplomatiques, tandis que Luanda échoue comme il l’avait prévu. Alors que les Congolais attendaient la suite des discussions annoncées à Luanda, le M23 a résisté en raison des sanctions imposées aux responsables rwandais et à une entité rwandaise. L’opinion publique a été surprise par les images parues ce mardi soir, montrant Félix Tshisekedi, chef de l’État de la RDC, face à Paul Kagame, parrain du mouvement terroriste M23.

Cette rencontre s’inscrit dans la logique voulue par le chef de l’État congolais : ne discuter qu’avec le « tireur de ficelle » plutôt que de perdre du temps avec ses proxys. Le M23 a toujours réclamé des discussions directes avec Kinshasa, mais l’occasion leur a été donnée par le président angolais en organisant une rencontre entre le mouvement terroriste et le gouvernement de Kinshasa. Cependant, le M23 a annulé sa participation après la publication des sanctions contre des personnalités rwandaises et une entité spécialisée dans le commerce des minéraux de sang de Congolais.
Cela a prouvé la position du chef de l’État congolais, car visiblement le M23 avait reçu des directives de son maître à penser pour ne pas y aller. Vers la fin de la soirée, l’opinion a été surprise par l’image mettant en scène Félix Tshisekedi, le président de la RDC, l’émir de la République islamique du Qatar et Paul Kagame. À l’issue de cette rencontre, un cessez-le-feu a été décidé et déclaré par les deux parties. Cela est l’une des étapes clés pouvant mener à la reddition des envahisseurs dans les parties du territoire qu’ils ont conquis au prix du sang des innocents.
Félix Tshisekedi est sans nul doute l’un des redoutables diplomates de ce temps. Il a toujours prôné la victoire par la diplomatie plutôt que par les armes et est parvenu à isoler diplomatiquement le Rwanda. Les sanctions américaines, canadiennes, européennes, britanniques et allemandes risquent d’asphyxier le peuple rwandais, qui vit en grande partie de la rente génocidaire et de l’aide internationale. Kagame en a pris conscience lorsqu’il a appelé le peuple rwandais à « serrer la ceinture » (« funga mkanda »).
Il est honnête de reconnaître que Félix Tshisekedi est en train de réussir son coup diplomatique. Toujours sur le même sujet, l’ancien président Joseph Kabila s’est montré aux côtés de son homologue sud-africain, Thabo Mbeki, connu pour être le défenseur de la cause rwandaise. Il s’est ensuite livré à un exercice médiatique dans lequel il a repris le même narratif que celui développé par l’envahisseur Kagame. Cela soulève des questions sur sa participation à l’entreprise terroriste dans la partie orientale du pays. Lorsqu’il dit par exemple que le problème c’est Félix et la solution c’est Félix, il sous-entend qu’il suffit que Félix réponde favorablement au revendications des insurgés pour résoudre le problème. Mais quelles sont leurs revendications ?
L’intégration au sein de l’armée des personnes à la solde du Rwanda ( accords de CNDP) l’abandon de notre souveraineté dans la partie est du pays etc. C’est ce que prévoyait les accords signés par Joseph Kabila et le CNDP. Félix Tshisekedi refuse de vendre une partie de notre souveraineté.
A CEUX QUI VEULENT FAIRE CROIRE QUE LE CHEF DE L’ETAT S’EST CONTREDIT
Le Président Tshisekedi est totalement dans la logique fixée par lui-même à savoir : pas de discussion avec les pantins ;
Discuter avec les maîtres du mouvement Terroriste ;
Résoudre le problème par la diplomatie.
La diplomatie a souvent prouvé son efficacité dans la résolution des conflits.
C’est le cas par exemple des accords de Dayton (1995) où La diplomatie a permis de mettre fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine. Ces accords ont été négociés par les États-Unis, l’Union européenne et la Russie, et ont abouti à la création de la Bosnie-Herzégovine
actuelle. Comme l’a dit Richard Holbrooke, l’un des architectes de ces accords, « La diplomatie est une forme de guerre sans violence. »
Cela montre que la diplomatie peut être un outil puissant pour résoudre les conflits. Comme le disait Nelson Mandela, « La diplomatie est l’art de faire dire oui sans avoir l’air de demander. » Félix Tshisekedi a réussi à isoler diplomatiquement le Rwanda, ce qui pourrait contribuer à une résolution pacifique du conflit.
Sur un autre registre, reconnaissons le coup de maître du Qatar en réussissant ce que ni la France, ni l’EAC, ni la SADC, encore moins Luanda, n’a réussi à faire : faire asseoir les deux personnalités sur la même table. Le Qatar a des intérêts importants dans la région, avec des grands projets au Rwanda et une participation majoritaire dans RwandAir. Cela montre que la diplomatie économique peut également jouer un rôle clé dans la résolution des conflits.
Enfin, la diplomatie de Félix Tshisekedi est un exemple vivant de l’efficacité de la négociation directe avec les acteurs clés, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des intermédiaires. Cette approche pourrait inspirer d’autres leaders dans leur quête de paix et de stabilité dans les régions en conflit.
Jean-Luc Kong Mbambu
Jeanluc.kongo44@gmail.com







