
La circulaire de la ministre d’État, Ministre de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté Raïssa Malu autorisant désormais les jeunes filles enceintes à continuer l’école est à l’origine des réactions dans l’opinion publique nationale.
Bien que certains pensent que cela soit une bonne nouvelle qui met en avant l’intérêt supérieur des filles,d’autres par contre y opposent une farouche résistance. Ci-dessous, la lettre ouverte de Jean-Luc KONG MBAMBU, analyste politique lushois:
LETTRE OUVERTE
À madame Raïssa Malu, ministre D’Etat, ministre de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté.
Excellence,
Je tiens à vous présenter mes félicitations pour votre volonté d’agir avec détermination et votre élan à amorcer des réformes courageuses dans le secteur placé sous votre gestion.
Permettez-moi néanmoins de prendre parole en tant que citoyen congolais, fils de deux enseignants de carrière et profondément intéressé par le secteur de l’éducation nationale.
C’est avec étonnement que nous avons pris connaissance de votre circulaire du 14 juillet exigeant des directeurs provinciaux de l’éducation le maintient des filles enceintes dans les écoles.
Madame, je tiens a souligné que l’accès à une éducation de qualité est un droit constitutionnel, reconnu aux articles 13,42, 43 et 44.
Il revient donc à l’Etat de prendre les mesures appropriées pour garantir à chaque citoyen ce droit fondamental.
Excellence Madame la Ministre d’État,
L’éducation nationale est bidimensionnelle. Elle comprend, premièrement, la partie instruction qui concerne l’apprentissage des savoirs scientifiques et des savoir-faire. Deuxièmement, elle comprend la partie culturelle civique qui inclut, entre autres :
- L’éveil patriotique par l’apprentissage du civisme ;
- La bonne conduite et les bonnes mœurs à travers l’apprentissage de la morale.
L’éducation nationale est donc la fabrique du citoyen modèle et l’espoir de la pérennité de notre nation. C’est à l’école que l’on apprend la discipline, l’école doit donc appliquer un principe de tolérance zéro, car chaque entorse tolérée par cette dernière, produit ses conséquences dans la société.
Nos jeunes sœurs, qui, par accident ou par la malveillance d’autrui, ont la malchance d’être enceintes alors qu’elles sont encore scolarisées, ont droit à l’éducation. C’est également leur droit constitutionnel. Toutefois, la protection de ce droit ne doit en aucun cas nuire à celui des élèves encore innocentes ,à qui l’on doit enseigner que les rapports sexuels avant la majorité sont inappropriés, et que faire un enfant en dehors du mariage est contraire aux mœurs.
En revanche, celles qui ont dérogé, de leur plein gré ou non, ne perdent pas leur droit à l’éducation à cause de cet acte. Nous suggérons au ministère de mettre en place un mécanisme de suivi moral, éducatif et médical afin d’éviter qu’elles ne soient marginalisées par le système.
Aux directeurs provinciaux de l’éducation nationale, préfets et directeurs des études, nous disons que cette circulaire, si elle n’est pas un ordre illégal du fait qu’elle compromet l’éducation des jeunes filles innocentes, reste néanmoins immorale, et ne devrait pas être appliquée.
Je vous remercie de votre attention.
KONG MBAMBU Jean Luc
Citoyen congolais
Jeanluc.kongo44@gmail.com




