
L’arrêt Katuba est situé sur l’avenue Lomami, en plein cœur de Lubumbashi ; la ville cuprifère.
Ici, plusieurs véhicules stationnent à l’attente des passagers. Du matin au soir, les conducteurs y mènent leur vie comme tous les jours. C’est leur lieu de travail.
Sans installations sanitaires ; ils ne se gênent pas de déféquer et faire des urines dans des bouteilles plastiques ; incroyable mais vrai!
Pour les conducteurs des véhicules de transport en commun, il est difficile de trouver des toilettes aux alentours. L’on peut d’ailleurs voir des urines dans des bouteilles plastiques jetées parfois sur la chaussée, comme nous le témoigne Augustin Ilunga ; conducteur d’un mini bus de transport en commun qui appelle à l’implication de l’hôtel de ville pour décanter la situation: » c’est l’absence des toilettes sur cet arrêt qui est à la base de tout. Nous déplorons en fait le comportement des certains conducteurs et convoyeurs des bus qui urinent n’importe où, la faute est également à la mairie de Lubumbashi qui échoue de mettre à notre disposition même une seule toilette alors que nous payons chaque jours des taxes. C’est incompréhensible, elle doit au plus vite résoudre ce problème« .
À quelques mètres de là, sur une station-service, c’est un dépotoir des déchets. Les conducteurs des véhicules y jettent régulièrement des déchets plastiques et résidus alimentaires qui dégagent des odeurs nauséabondes avec tout le risque d’exposer la population à des maladies.
Par contre certains autres arrêts, comme sur l’arrêt aéroport, toujours au centre-ville de Lubumbashi, des installations sanitaires y sont érigées avec comme mention « gardons notre environnement propre« . Malgré cela, quelques-uns font recours au moyen facile ; la défécation dans des bouteilles qu’ils jettent par la suite dans la rue.
Une gestion calamiteuse des déchets
Les arrêts de bus de Lubumbashi sont l’illustration d’une politique limitée de la gestion des déchets. Le cas des conducteurs des véhicules qui paient toutes les taxes de l’état mais qui ne savent pas se trouver poubelles et toilettes publiques interpelle.
Ces déchets qui contaminent l’air sont drainés à travers les collecteurs d’eau jusqu’aux principales rivières et ruisseaux qui entourent la ville.
Là aussi, les cours d’eau sont débordés des bouteilles plastiques.
A travers la ville l’on peut apercevoir quelques endroits aménagés pour le stockage des bouteilles avec mention : »Jetez vos bouteilles en plastiques » mais il est curieux de voir comment les déchets dégradent l’environnement des Lushois.
Aussi, la communication autour de la gestion des déchets n’est pas à la hauteur de la crise environnementale fait observer un expert.
Associer les enfants à la gestion environnementale
Dans son rapport de Juillet 2021, le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance UNICEF en RDC propose d’exploiter l’immense potentiel que le pays possède en matière environnementale dont sa biodiversité, ses vastes étendues de végétation et des ressources hydriques conséquentes pour s’associer à la lutte contre la dégradation de notre environnement.
L’UNICEF estime qu’il est important de « Faire participer les enfants et les jeunes à la gestion des déchets » car « Malgré ces conditions favorables, le pays subit certaines actions humaines néfastes pour l’environnement, comme la déforestation, le braconnage, la pollution des cours d’eau et l’insalubrité« .
Dans la société congolaise, la majeure partie de la population estime malheureusement que les enfants n’auraient pas d’influence sur le changement que nous voulons.
Bien au contraire, les enfants sont le seul espoir d’un changement radical et durable de comportement dans un futur proche.
Et à ce sujet l’Unicef propose : « Pour trouver des solutions possibles, efficaces et durables, il faut donner aux enfants et aux jeunes de véritables moyens d’agir en tant qu’agents du changement pour la cause climatique et environnementale. Leur voix doit être entendue, leurs actions et initiatives soutenues. Que ce soit dans les domaines de l’éducation et de la sensibilisation, de la technologie ou du droit, des jeunes de tous les horizons mobilisent leurs compétences pour prendre position en faveur de la cause climatique. Comme le stipule la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, chaque personne de moins de 18 ans a le droit de participer aux décisions qui la concernent« .
Droit vers la catastrophe
Si on n’y prend pas garde, le nombre des décès dus à un environnement insalubre ne fera qu’augmenter le taux de la charge de morbidité imputable à l’environnement à travers le monde.
Selon un rapport de l’OMS intitulé intitulé « Prévenir la maladie grâce à un environnement sain « ; 12,6 millions de personnes sont décédées en 2012 en raison de l’insalubrité de leur lieu de vie ou de travail. Cela correspond à près du quart de la totalité des décès dans le mondesoit 23 % des décès intervenus cette année-là (43 millions).
A Lubumbashi ; deuxième ville de la République Démocratique du Congo, la fièvre typhoïde et la diarrhée sont des maladies devenues récurrentes.
Les immondices qui gagnent du terrain sont à la base de diverses affections dont souffrent les habitants des coins défavorisés de la ville.
Vivement des actions correctrices!
Les structures de la société civile, les personnalités politiques et sociales ont un rôle à jouer auprès des populations locales .Si le changement c’est aujourd’hui, chaque leader devra s’impliquer dans l’éducation de la population…Mais, l’état devrait surtout prendre ses responsabilités.
Mandela LONGA et Pierre Kabwe






