
Quatorze ans après le vote de la loi relative aux finances publiques, la République Démocratique du Congo franchit un cap historique. Sous l’impulsion du Chef de l’État et la coordination du Ministre des Finances, le pays bascule dans une gestion déconcentrée des dépenses. Une révolution administrative qui promet transparence, rapidité et stabilité macroéconomique.
C’est un serpent de mer qui trouve enfin son issue. Longtemps restée au stade des ambitions législatives, la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques est désormais une réalité opérationnelle en République Démocratique du Congo. Ce virage, amorcé sous l’autorité du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et concrétisé par le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-botayi, marque la fin d’une ère de centralisation excessive pour ouvrir celle de la performance sectorielle.
Le principe est aussi simple qu’ambitieux : rapprocher la décision d’engagement et de paiement des ministères utilisateurs. Jusqu’ici, la concentration des pouvoirs de décision créait des lenteurs administratives chroniques. En déconcentrant l’ordonnancement, le Gouvernement vise trois objectifs majeurs : réduire les délais de paiement des prestataires, accroître la redevabilité des ministres sectoriels et fluidifier l’exécution du budget de l’État.
Cette réforme n’est pas isolée. Elle s’articule avec la montée en puissance de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGTCP) et la mise en œuvre du Compte Unique du Trésor (CUT). L’enjeu dépasse la simple technique comptable : il s’agit de stabiliser le franc congolais et de maîtriser l’inflation grâce à une meilleure gestion des flux de trésorerie.
Pour éviter tout choc systémique, le Comité de réflexion sur la réforme des finances publiques (COREF) a opté pour une approche graduelle en deux phases pilotes :
- Phase I : Les ministères de l’Éducation nationale, du Développement rural, de la Santé publique et des Travaux publics ouvrent le bal.
- Phase II : La Défense nationale, l’Agriculture, l’ESU, la Pêche et Élevage, ainsi que le ministère des Finances emboîteront le pas.
À fin janvier 2026, les voyants sont au vert. Dans les quatre premiers ministères tests, les chaînes de dépense sont interfacées, les comptes sont ouverts à la Banque Centrale et les logiciels sont en service. Parallèlement, le réseau des comptables publics est désormais une réalité : 55 cadres, formés à l’École Nationale des Finances, ont prêté serment le mois dernier pour garantir une gestion rigoureuse et transparente.
L’informatisation est le bras armé de cette réforme. L’interfaçage sécurisé des modules de dépense et de comptabilité avec la Banque Centrale entre dans sa phase finale. Ce dispositif permet de produire des informations financières fiables en temps réel, un argument de poids lors des discussions avec le Fonds Monétaire International (FMI) et au sein du Comité de conjoncture économique.
En renforçant la discipline budgétaire, le Gouvernement espère transformer la perception de la gestion publique congolaise, tant par les partenaires extérieurs que par les citoyens.
Mandela LONGA




