
Lubumbashi, 24 septembre 2026 — Une nouvelle initiative citoyenne entend prendre part au débat autour du prochain Dialogue national en République démocratique du Congo. Dénommé Cadre citoyen pour le dialogue (C.C.D), le mouvement a été lancé à Lubumbashi, le 16 septembre 2026, à l’initiative du Bishop Abel Diur.
L’ambition affichée est de faire du prochain Dialogue national un espace qui dépasse les seuls acteurs politiques pour associer davantage les citoyens et les différentes composantes de la société congolaise.
« Nous avons décidé de ne plus regarder », explique le Bishop Abel Diur dans le message annonçant la création du C.C.D., présenté comme un cadre citoyen, et non comme un parti politique ou une église.
Une initiative placée sous le signe de la neutralité
Au cœur de la démarche figure un principe présenté comme fondateur : la neutralité.
Le C.C.D affirme vouloir promouvoir un dialogue débarrassé des logiques partisanes, confessionnelles ou de confrontation. Sa charte repose notamment sur trois principes annoncés : neutralité absolue, inclusion et non-violence.
Cette orientation rejoint la note de conception consacrée à la conférence de lancement du dialogue national, qui place la laïcité constitutionnelle au centre de la démarche. Le document rappelle que la Constitution congolaise définit la RDC comme un État « laïc et démocratique » et présente la laïcité comme une garantie de la neutralité de l’État, de la liberté de conscience et de l’égale dignité des citoyens.
L’objectif est ainsi de créer un espace où les divergences peuvent être exprimées sans que le dialogue ne soit capturé par une seule sensibilité politique, religieuse ou communautaire.
« Une affaire de la Nation »
Pour le Bishop Abel Diur, le prochain Dialogue national ne devrait pas être uniquement l’affaire des responsables politiques.
Le C.C.D entend donc ouvrir ses portes à différentes catégories de citoyens : femmes, jeunes, enseignants, chauffeurs, pasteurs, imams, entrepreneurs, mais aussi à tous ceux qui souhaitent contribuer à une culture du dialogue et de la paix.
« Si tu crois que le Congo peut encore dialoguer sans s’insulter, tu es des nôtres », affirme le Bishop Abel Diur dans son appel à rejoindre le mouvement.
Cette volonté d’élargir la participation citoyenne correspond également aux orientations contenues dans la note de conception, qui prévoit d’associer au processus les autorités publiques, les confessions religieuses, les partis politiques, les organisations de jeunes et de femmes, les médias, les universitaires, les autorités traditionnelles ainsi que les organisations de la société civile.
Un cadre permanent plutôt qu’un dialogue limité aux périodes de crise
Au-delà du prochain rendez-vous national, le projet porté par le C.C.D s’inscrit dans une vision plus large : faire de la concertation citoyenne un mécanisme permanent.
La note de conception prévoit notamment la création d’un cadre citoyen, neutre et permanent capable d’accompagner le dialogue aux niveaux local, provincial et national, tout en favorisant la prévention et la résolution pacifique des tensions.
L’initiative entend également contribuer à l’éducation civique, à la formation des jeunes et des femmes aux techniques de médiation et à la prévention non violente des conflits, ainsi qu’à l’élaboration d’une feuille de route citoyenne pour structurer les mécanismes de dialogue sur le territoire national.
Les adhésions ouvertes
Le C.C.D annonce désormais l’ouverture de ses adhésions. Pour devenir membre fondateur, le mouvement indique deux conditions : signer la Charte du Dialogue neutre et s’engager à servir la Nation avant toute appartenance partisane.
Cette campagne d’adhésion veut donner à l’initiative une dimension populaire et transversale, en mobilisant des citoyens issus de différents milieux sociaux et professionnels.
La démarche vise, à terme, à construire un espace de concertation capable de contribuer à la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions. C’est également l’un des objectifs identifiés dans la note de conception, qui insiste sur la nécessité d’un cadre impartial pour reconstruire la confiance et dépasser les logiques de partage de pouvoir.
De Lubumbashi à une dynamique nationale
Avec son lancement à Lubumbashi, le Cadre citoyen pour le dialogue entend faire de la participation citoyenne un élément central du débat sur l’avenir institutionnel et social de la RDC.
Son message se veut simple : dialoguer sans violence, sans exclusion et sans instrumentalisation.
Reste désormais au C.C.D à transformer cette ambition en une organisation citoyenne effective, capable de réunir des sensibilités diverses autour d’un même espace de discussion.
Pour le Bishop Abel Diur et les initiateurs du mouvement, le rendez-vous est lancé sous une formule qui résume leur démarche : « Tuko Pamoja » — nous sommes ensemble.
La Rédaction






