
À une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Lubumbashi, la cité de Tumbwe traverse une crise humanitaire silencieuse. Depuis plusieurs semaines, les habitants font face à une pénurie d’eau potable causée par l’absence prolongée d’électricité, qui paralyse le fonctionnement des stations de pompage.
Selon le constat effectué ce samedi, 04 octobre 2025, dans ce village où vivent plusieurs centaines de familles, trouver de l’eau est devenu un combat quotidien. Les sources d’approvisionnement se sont asséchées, et beaucoup puisent désormais dans des rivières ou marigots, souvent pollués. Une eau impropre à la consommation, mais utilisée faute d’alternative.
« Nous buvons l’eau telle qu’elle vient du sol. Parfois elle est sale, mais nous n’avons pas le choix », témoigne Sylvie Kayembo, mère de sept enfants. « Mes enfants tombent souvent malades. Nous avons besoin d’aide, nous ne pouvons plus vivre ainsi », ajoute-t-elle, la voix brisée par la fatigue.
Cette crise de l’eau a également des répercussions économiques sur les activités agricoles locales. Dans cette zone essentiellement rurale, les cultures dépérissent sous l’effet combiné du manque d’eau et de la rareté des pluies.
« Mes légumes fanent dans les champs. Sans pluie ni irrigation, je perds tout ce que j’ai cultivé », déplore Francine Kayembo, agricultrice de la région. « C’est ce qui faisait vivre ma famille. Aujourd’hui, je n’ai plus de revenus. »
La situation s’aggrave avec une pollution alarmante de plusieurs points d’eau. Des habitants accusent une entreprise minière opérant à proximité, Golden Mining, d’être à l’origine de cette contamination, en raison du rejet de produits chimiques dans les rivières. Ces allégations, bien qu’encore non confirmées par les autorités, nourrissent la colère et l’inquiétude de la population.
Dans l’attente d’une intervention du gouvernement et de la société nationale d’électricité, les habitants de Tumbwe continuent de vivre au rythme des bidons et des longues marches pour trouver une eau qu’ils savent dangereuse. Une réalité qui illustre, une fois de plus, les défis d’accès à l’eau et à l’énergie dans les zones rurales de la province du Haut-Katanga.
✍️ Pierre KABWE






