
La Vice-ministre des Finances, Gracia Yamba Kazadi, continue d’imprimer sa marque au sein de l’exécutif congolais. Son profil, caractérisé par un éclectisme académique, se traduit par une gestion où la discipline budgétaire est érigée en principe cardinal. Son rôle, qu’elle assume avec un professionnalisme constant lors des représentations officielles ou des intérims ministériels, la positionne comme une figure politique de premier plan.
L’inauguration récente du Lexique Fiscal de la RDC a mis en lumière son engagement pour la sécurité juridique et la transparence fiscale. Qualifiant l’ouvrage d’« acte de foi en l’intelligence et en la pédagogie », elle a insisté sur la nature de l’impôt comme « acte d’amour collectif » et contribution essentielle à la solidarité nationale. Cet instrument de référence vise à rationaliser l’application des lois fiscales et à réduire les contentieux, renforçant ainsi l’adhésion citoyenne et l’assiette fiscale.
Financement du Capital Humain : l’offensive stratégique contre le cancer
Au-delà de la sphère purement fiscale, l’action de la Vice-ministre s’étend aux impératifs de santé publique, attestant d’une vision intégrant l’efficience des dépenses sociales au développement économique.
La journée du mercredi 1er octobre 2025 fut consacrée à une réunion technique de haut niveau avec l’OFID (Fonds de l’OPEP pour le Développement International) et l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique). L’objectif était de finaliser le montage financier et technique d’un Centre de Radiothérapie et d’Oncologie à Kinshasa.
Ce projet, déclaré prioritaire par le Chef de l’État, répond à une urgence nationale : la RDC dénombre 52 000 nouveaux cas de cancer par an. S’inscrivant dans l’initiative mondiale « Rayon de l’Espoir », cette infrastructure est vitale, car 60 % des cas exigent une radiothérapie, service quasiment inexistant dans le secteur public.
Le coût du projet, revu à 55 millions d’USD (travaux et équipements) pour une exécution en deux phases (2025-2028), bénéficiera d’un accord de prêt de l’OFID.
Le décaissement envisagé, compris entre 60 et 70 millions d’euros, sera effectué sous des conditions concessionnelles hautement favorables : un taux d’intérêt fixe de 1 à 2 %, une maturité de 20 ans et une période de grâce de 50 mois. Cet investissement marque la volonté politique de réduire significativement les dépenses de transfert des patients vers l’étranger.
Exigence d’efficacité opérationnelle et accélération des décaissements
L’évaluation du portefeuille général de l’OFID en RDC, qui s’élève à 260,69 millions USD pour 5 projets actifs, a cependant mis en lumière des goulots d’étranglement administratifs. Sous l’instruction du Ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Vice-ministre Yamba Kazadi a pointé le retard de trois ans dans la mobilisation des fonds post-démarrage des activités.
Cette contrainte se matérialise notamment par le taux de décaissement nul (0 %) du Projet PREDIRE (Eau et Assainissement, 30 millions USD), cofinancé avec la BAD. Face à ce frein à la planification opérationnelle des Unités de Gestion de Projets (UGP), la Vice-ministre a émis une recommandation ferme : l’OFID est instamment prié de revoir sa politique de supervision afin de garantir que la mobilisation des fonds n’entrave plus la mise en œuvre du pipeline de développement.
De surcroît, un appui financier complémentaire a été sollicité pour la promotion et la structuration des filières stratégiques Café et Cacao dans les provinces de l’Ituri et du Grand Équateur.
La convergence des efforts avec l’AIEA et l’OFID pour le Centre d’Oncologie symbolise une transformation structurelle du secteur de la santé. La rigueur financière et la gestion des ressources sont ainsi mobilisées comme un levier puissant d’investissement en capital humain, démontrant que la souveraineté économique passe par la maîtrise de ses outils de financement et d’exécution.
✍Mandela LONGA





